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Etats-Unis : condamné à écrire un livre

19/05/2012

Lorsqu’il a plaidé coupable en 2009 devant la cour fédérale de Washington, l’ancien directeur exécutif d’un laboratoire pharmaceutique ne s’attendait sûrement pas à ce qu’on le condamne à une telle peine : écrire un livre ! 

 

Aux Etats-Unis, certains juges sont d’une étonnante créativité. Le juge de la cour fédérale du District de Washington, Ricardo Urbina en fait sans conteste partie. Lorsqu’en 2009, il est amené à se prononcer sur l’affaire d’Andrew G. Bodnar, ancien directeur d’un laboratoire pharmaceutique condamné pour avoir fourni de fausses informations sur un médicament jugé dangereux, sa sentence est sans appel : l’ancien col blanc de 64 ans n’ira pas en prison, mais devra s’acquitter d’une amende de 5000 dollars et surtout, écrire un livre d’au moins 75 000 mots ! Le juge Urbina a ainsi expliqué avoir voulu, par cette peine un brin déconcertante, faire réfléchir le coupable sur "son comportement criminel dans cette affaire, afin que d’autres dans la même situation puissent être guidés pour éviter de faire les mêmes erreurs", rapport le Wall Street Journal

 

Durant ses deux ans de probation, le Dr Bodnar a donc été contraint d’écrire sa vie et de réfléchir aux erreurs qu’il a commises. Diplômé d’un Master de littérature anglaise à Harvard, il a puisé son inspiration parmi les œuvres de Dickens ou encore de Dostoïevski pour pondre une somme de 253 pages. Il y raconte, à la troisième personne, son enfance et sa fuite de Hongrie à l’âge de huit ans après l’invasion soviétique, son arrivée et son ascension aux Etats-Unis, mais aussi l’affaire pour laquelle il a été condamné, avec force de détails hauts en couleur, faisant même apparaître le juge Urbina dans un des chapitres. Andrew Bodnar a toutefois estimé que la peine à laquelle on l’a condamné est "si particulière qu’elle ne pourra pas être généralisée". D’ailleurs, il n’est pas certain que son expérience littéraire puisse servir d’une quelconque manière lors des futurs affaires judiciaires.

 

Une fois achevé, son chef d’œuvre a été soumis à la cour, numérisé et rendu public, comme l’ensemble des documents électroniques de la cour fédérale. L’histoire ne nous dit cependant pas comment Andrew Bodnar a intitulé son livre. Pas certain non plus que son œuvre soit un jour portée à l’écran : selon son avocat, le médecin n’aurait aucun projet de publication. 

 

C.A. 

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17/04/2014

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