Emmanuel Pierrat : la censure sous toutes les coutures
29/12/2010
Dans 100 livres censurés, l’avocat bibliophile Emmanuel Pierrat s’intéresse aux chefs d’œuvres littéraires condamnés.
Religion, sorcellerie, sexualité, politique… il y a certains sujets qui fâchent ! Et ce sont précisément les thèmes qu’il vaut mieux éviter que les écrivains se plaisent à aborder. Le Gargantua de Rabelais menace les Evangiles au XVIème siècle ; La Lolita de Nabokov choque l’Amérique puritaine des années 50 ; Les raisins de la Colère fait enrager les grands propriétaires californiens de la Grande Dépression ; Napoléon le Petit de Victor Hugo agace l’Empereur… Qu’ils soient parodiques, provocateurs, scandaleux ou critiques, les 100 livres réunis par Emmanuel Pierrat ont, un jour ou l’autre, été censurés.
De l’autodafé aux coupes sévères, les conséquences juridiques sont lourdes. Pire que l’interdiction du livre, il y a l’emprisonnement, l’internement - Sade passa treize années de sa vie chez les fous - ou la destitution de nationalité - Alexandre Soljenitsyne a été banni de Russie en 1974 pour L’archipel du Goulag. Malgré les risques, les écrivains persistent… mais ne signent pas toujours ! En effet, le pseudonyme reste une des meilleures ruses pour tenter de contourner la censure. Sur la couverture de J’irai cracher sur vos tombes, Boris Vian n’est que le traducteur de l’ouvrage. Idem pour Les Lettres persanes « écrites » par un imaginaire seigneur perse et que Montesquieu a bien voulu « traduire ». Mais ces précautions sont souvent vaines, et les autorités finissent par découvrir qui se cache derrière ces pseudonymes.
Des conditions de publication jusqu’à la sanction finale, Emmanuel Pierrat raconte l’épopée de ces ouvrages jugés trop subversifs. Richement illustré, 100 livres censurés rappelle que « le livre reste l’objet le plus craint par les fâcheux de tous bords et de tous temps » !
Claire Lannaud
















