Contes et merveilles par Karen Blixen
27/06/2011
Les fils de rois et autres contes réunissent douze nouvelles de l’auteur de La Ferme africaine. Ecrites en danois et en anglais, ces histoires pleines de merveilles, de rois, de forêts profondes et de contrées exotiques livrent toutes les facettes de l’art de Karen Blixen.
A sa mort, Karen Blixen laissa un trésor de papier. D’innombrables archives contenant des contes inédits, qu’on se décida à publier pour la première fois près de dix ans après sa disparition, en 1975. Succès, critiques et remous émaillèrent cette première publication. En 1985, pour célébrer le centenaire de la naissance de Karen Blixen, on édita une nouvelle version, augmentée, enrichie, des Contes posthumes. C’est celle qui nous parvient aujourd’hui sous le merveilleux titre Les fils de rois.
Ce livre est une sorte de condensé de la carrière littéraire de Blixen, qui retrace toutes ses influences. Les textes du début s’inspirent des denses forêts danoises et des légendes gothiques. Dans Les deux solitaires, écrit au début du siècle, elle nous emmène sur une île déserte battue par les vents. Dans ce monde sauvage, (sur)vit un couple marié. Monsieur a choisi l’exil pour écrire un chef d’œuvre de science, et madame l’a suivi. Là, elle est assiégée par des revenants. S’ensuit alors une longue et mélancolique danse macabre entre morts et vivants.
En attendant les mariés nous livre deux histoires de veillée. On croise un fiancé intrépide, des cerisiers en fleurs, et une jeune femme à qui on a jeté un sort. Chez Karen Blixen, le sang et la violence côtoient le romantisme et la plus douce poésie. Les fils de rois nous conduit dans un palais d’Orient à la cour d’un empereur capricieux et avide de pouvoir. Il invite chez lui de jeunes princes de tribus barbares, et les fait tomber dans un guet-apens. Mais dans l’adversité, ses victimes se montreront aussi valeureuses que rusées, et il sera forcé de les relâcher…
Au fil du temps, Karen Blixen, qui écrit indifféremment en anglais et en danois, délaisse princes, fantômes, et brouillards enchantés, pour nouer avec une veine plus réaliste et plus sobre, celle du Festin de Babette. Dans Oncle Sénèque, elle raconte avec verve la rencontre dans une maison anglaise de la jeune Melpomène, fille d’un grand acteur sans le sou, avec un homme qui assure être Jack l’Eventreur. Mystérieuse Karen Blixen.
Astrid Gagneur
















