Christine de Suède, la reine qui n’aimait que l’excès
19/10/2010
Yann Kerlau, auteur d’ouvrages historiques sur Oliver Cromwell ou la dynastie des Aga Khan, s’aventure sur un nouveau terrain, celui de la fiction. Il publie chez Plon L’échiquier de la reine, un premier roman sur la reine Christine de Suède, un personnage controversé et peu connu. Une femme résolument moderne qui a renoncé au trône de Suède pour se convertir à la foi catholique. Alors âgée de vingt-deux ans Christine crée l'indignation dans son pays de tradition protestante. Elle cède ainsi les rennes du pouvoir à son cousin et part s’installer à Rome.
Féministe avant l’heure, toujours en quête de savoir, Christine de Suède correspondait avec Descartes, Pascal ou Spinoza. Elle était aussi passionnée d’arts et collectionnait des œuvres de grands maîtres comme Le Bernin, son ami. Surtout, elle n’avait pas peur du scandale – au contraire, elle le provoquait. Elle aimait par exemple s'afficher avec ses amants ou ses maîtresses, ou encore elle n'hésitait pas à éliminer ceux qui la décevaient, chose que l'Eglise va très difficilement tolérer.
Yann Kerlau s’empare de ce personnage hors norme et lui fait «traverser un certain nombre de vies». Il tisse un récit à la première personne, se glissant sous les habits de la reine : «Un goût inné de rébellion m’habitait depuis l’enfance…». En y mêlant d’autres voix, comme celles de sa mère ou de son amant, Monaldeschi, il signe un roman polyphonique en creux duquel se déroule le XVIIème siècle européen. Intrigues, empoisonnements, mystères, guerres et amours, Yann Kerlau décrit une époque qu’il avoue «admirer tout particulièrement».















