Censuré, Salman Rushdie reçoit le soutien des écrivains indiens
25/01/2012
Alors qu’il devait expliquer par vidéoconférence les raisons de son absence au festival de littérature de Jaipur, le romancier britannique d’origine indienne Salman Rushdie a dû renoncer à s’exprimer, mardi 24 janvier, "pour des raisons de sécurité", a annoncé la police.
Quelques jours auparavant, l’écrivain avait déjà dû décommander sa venue au Festival après avoir été informé d'un possible acte terroriste à son encontre. Sanjoy Roy, l'un des organisateurs du festival a expliqué à l’AFP avoir été informé de possibles dérives parmi les militants musulmans présents parmi le public : "C'est avec un profond regret qu'après trois semaines de développement d'une situation assez stupide, nous sommes dans l'obligation d'abandonner la lutte pour la liberté d'expression", a déclaré M. Roy.
Les Versets Sataniques lus publiquement
A Jaipur, quatre auteurs ont tenu à exprimer leur solidarité à Salman Rushdie, en lisant publiquement des extraits de son roman Les Versets Sataniques, toujours interdit en Inde car jugé blasphématoire à l’encontre de la religion musulmane. Accusés d’avoir violé la loi, ils ont rapidement été forcés de quitter le pays sous peine d’arrestation : "Notre intention n'était pas de blesser les sensibilités religieuses, mais de redonner voix à un écrivain réduit au silence", a justifié l'écrivain Hari Kunzru dans une tribune parue dans la presse locale.
Suite à ces mouvements de soutien, plusieurs écrivains indiens ont depuis fait diffuser une pétition demandant au Premier ministre de lever la censure sur Les Versets Sataniques. Vingt-cinq ans après la parution de ce roman, Salman Rushdie fait toujours l’objet de nombreuses menaces de la part des extrémistes musulmans dans son pays natal.
Photo : David Shankbone, licence Creative Commons.
O.S
















