Céka et Boris : le siège de Leningrad en bande dessinée
28/01/2011
Cette année encore, la sélection officielle du Festival d’Angoulême réserve bien des surprises. A l’image de du duo Céka/Boris qui signe, avec Lutte Majeure, un album historique aussi étonnant que captivant.
Leningrad, printemps 1942 : voilà presque un an que la ville est assiégée par l’armée nazie. Ceux qui ne sont pas morts sous les bombes allemandes vivotent au jour le jour, économisent les tickets de rationnement, chassent les rats, ou pire, les chats. Comme Irina, une jeune hautboïste qui passe ses journées enfermées dans le petit appartement aux volets clos où elle veille sur sa mère malade.
Les jours passent et la date annoncée par Hitler comme étant celle de l’invasion nazie approche à grand pas. Conscient de la faiblesse de son peuple mais se refusant néanmoins à abdiquer, Staline décide de reformer l’orchestre symphonique de ville et de lui faire interpréter publiquement la 7ème symphonie de Dmitri Chostakovitch. Si l’empire soviétique doit être vaincu, il le sera la tête haute.
C’est alors une véritable course contre la montre qui commence pour Lieutenant Vlakov : il n’a que quelques semaines pour remettre sur pieds cet orchestre boiteux et affamé, décimé par la guerre. « Face à tant de morts, tant d’atrocités, tant de souffrances », le courage et le patriotisme auront-ils raison de la guerre ?
A la manière de George Orwell dans La Ferme des animaux, Céka et Boris filent la métaphore animalière, transformant ce qui n’était qu’un récit historique en une fable universelle et humaniste. Une belle leçon d'espoir, malgré les 1.800.000 morts du siège de Leningrad.
Emma Aurange
















