BHL chez Ruquier

BHL, à la barre du tribunal Ruquier pour son rôle en Libye

14/11/2011

Bernard-Henri Lévy l’avait annoncé, la guerre en Libye serait "sa Guerre d’Espagne". Tout comme Malraux en 1936, il s’engagerait corps et âme pour soutenir les élans d’insurrections héroïques de ce peuple et se verrait certainement, tout comme son père spirituel, reprocher sa mythomanie, son égocentrisme et son incompétence militaire. 

 

Cela n’a pas manqué. Quelques jours après la sortie en libraire de son Journal d’un écrivain au cœur du printemps libyen intitulé La Guerre sans l’aimer (Ed. Grasset), dans lequel Bernard Henri Lévy décrit, heure par heure, les coulisses du "printemps arabe" en réhabilitant l’engagement et la ténacité du président Nicolas Sarkozy, le philosophe le plus détesté  et le plus médiatique est appelé à la barre du tribunal Ruquier. 

 

Quelle est votre légitimité ? 

 

Côté plaignant, Natacha Polony ouvre le bal en dénonçant immédiatement le manque de légitimité du philosophe sur le terrain libyen. "D’un point de vue purement démocratique, assène-t-elle, quelle est votre légitimité pour (…) engager un pays dans une guerre ?". "Aucune", répond BHL, bien conscient de la nécessité de déposer les armes à ses pieds, dès le début du procès pour avoir une chance de le survivre. "Aucune autre que le fait d’avoir été témoin sur le terrain à Benghazi d’une situation atroce (…) et qui voyant une horreur qui se prépare sonne le tocsin". 

 

 

 

Vous êtes anti-démocratique

 

Dans ce cas, enchérit Natacha Polony, quelle légitimité pour écrire, en leur nom, les discours des représentants du CNT (Centre National de Transition) et les textes de la Charte de la Libye unique. "Ils sont majeurs ces gens là !, s’insurge-t-elle. N’avez-vous pas l’impression là aussi que le processus démocratique est totalement mis à mal ?". Au contraire, répond BHL, "le fait que ces musulmans conservateurs et pieux demandent à un Français, juif de surcroit, à trois reprises, de les aider à écrire des textes fondateurs est un bon signe pour la Libye de demain". 


Vous jouez l’arbitre du bien et du mal

 

En deux mots, BHL a réponse à tout. Et c’est bien ce que lui reproche Audrey Pulvar. "Dans ce livre, enchaîne-t-elle, vous êtes le droit, vous êtes le bien, vous êtes le juste au sens du juste de la Seconde Guerre mondiale et vous avez raison. Et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous ont une lecture angélique ou erroné"

 

Parole à la défense

 

Or, rétorque BHL, la vocation de ce livre ne consiste pas à distribuer la bonne parole ou à définir le bien, mais simplement à dévoiler la réalité des faits sur une affaire qui se révèle "une épreuve de vérité" pour les dirigeants et les institutions qui nous gouvernent. L’ONU, par exemple, qui selon BHL, "est allée de déshonneur en déshonneur depuis sa création jusqu’à la Libye. Elle est partie au Timor, elle a laissé massacrer les enclaves de sécurité en Bosnie, elle a laissé faire le génocide du Rwanda, elle n’a pas ouvert la bouche au Rwanda (…) Sarkozy, poursuit-il, qui a réussi le coup de maître (…) de convaincre le dictateur Hu Jintao, Medvedev et Poutine (…) de sauver un peuple".

 

En conclusion, juge BHL qui a renversé le procès Ruquier en se transformant en arbitre international, "certains se hissent au dessus d’eux-mêmes comme Nicolas Sarkozy et d’autres sont des icônes médiatiques que l’on découvre beaucoup plus petits que l’on ne croit, c’est le cas de Rama Yade"

 

L.M.

 

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