Barnes & Noble abandonne le livre numérique ?
06/01/2012
"Il faudra se soumettre ou se démettre", dit l'adage. Mais face à la révolution numérique, est-il vraiment possible de quitter le navire ? C'est totalement inattendu et même difficile à croire, mais le libraire Barnes & Noble aurait annoncé, selon l'agence américaine Associated press, sa décision d’abandonner les livres numériques, de se séparer du Nook – après avoir écoulé 3 millions de tablettes - et de sacrifier deux années de travail et plusieurs millions de dollars d’investissement. Une nouvelle qui a cloué sur place le monde de l’édition, du web et fait sauter quelques bouchons de champagne chez le concurrent direct de Barnes & Noble, Amazon.
L'annonce ambiguë du directeur de Barnes & Noble
Précisons pourtant que le communiqué de William Lynch, directeur général de Barnes & Noble, n'a rien d'aussi explicite : "Nous voyons une valeur substantielle dans ce que nous avons construit avec nos activités Nook en seulement deux ans, a-t-il déclaré à Associated Press, et nous croyons qu’il est temps d’investiguer sur d’autres options en débloquant cette valeur. Avec Nook, nous avons créé l’une des plateformes de vente de détail les meilleures du monde pour la vente de contenu numérique. Nous avons une activité en pleine croissance et des millions de clients satisfaits, et nous avons Nook qui croît rapidement d’année en année et devrait atteindre 1,5 milliard de dollars en ventes comparables à cet exercice. Entre la poursuite de la croissance prévue aux États-Unis et la possibilité pour Nook d’être disponible à l’international dans les 12 prochains mois, nous prévoyons que l’entreprise va continuer à évoluer rapidement".
Des objectifs revus à la baisse
Le Wall Street Journal et le Financial Times, qui analysent ce communiqué comme une annonce de séparation, nous apprennent que les objectifs de chiffres d’affaire de Barnes & Noble en 2012 s’élèvent à environ 7 milliards et une perte de 1,10 dollar à 1,40 dollar par action, soit un résultat en dessous des prévisions. Une prévision qui expliquerait les appréhensions de la plus grande chaîne de librairie aux Etats-Unis, qui ne souhaite pas se voir amenée, tout comme Borders en 2011, à fermer l’intégralité de ses magasins. Cette annonce a en tous cas fait chuter le titre de 16,97 % en clôture (- 31 % en séance).
L.M.
















