Angoulême 2011 : les espoirs de la bande dessinée
21/01/2011
Les bdvores le savent bien : de Moebius à Bilal, en passant par Van Hamme, Trondheim, ou encore Geluck, toutes les stars de la bande dessinée sont au Festival d'Angoulême. Et si c’est une aubaine pour les fans, ça l’est un peu moins pour les jeunes auteurs dessinateurs à qui ils font de l’ombre. Heureusement, MyBOOX répare cette injustice, et vous présente quatre talents prometteurs, tous en sélection officielle de ce 38ème Festival d’Angoulême.
La première, Gaëlle Alméras, blogueuse émérite, ne nous a pas attendus pour se faire connaître. Dans son dernier album, elle racontait l’histoire de La Gouniche, un drôle de petit personnage rose tendance kawaï. Pour son deuxième opus, Bambou : le petit cerf qui mange tous ses amis, elle n’a rien perdu de son humour. Dans cette version trash de Bambi, le petit faon n’est pas triste d’avoir perdu sa maman puisque c’est lui qui l’a mangé, Rudolph l’écureuil préfère les garçons, les oiseaux ont des tendances toxicomanes, et Paf Paf le lapin rose qui tape du pied donne des envies de meurtre à tous ses congénères. Un monde aussi déjanté que son auteur qui a choisi de réaliser ce deuxième album entièrement au Crayola. Le résultat est coloré, volontairement naïf. On plonge dedans la tête la première et on en redemande. Ça tombe bien, il y aura un tome 2 !
C’est dans un tout autre registre que Julie Maroh signe son premier album, Le bleu est une couleur chaude. Un récit sur l’homosexualité féminine, mais aussi et surtout sur l’acceptation du regard des autres. Car ce qui retient Clémentine d’aimer pleinement cette fille aux cheveux bleus croisée par hasard dans la rue, ce n’est ni ses sentiments ni son désir, mais la raison, les moqueries de ses camarades, et la colère de son père. Plus qu’un album, Le bleu est une couleur chaude est une fable sur la tolérance. Couleur sépia et demi-teintes, Julie Maroh joue la carte de la délicatesse et c’est sans le brusquer qu’elle guide son lecteur dans cet univers plein de poésie.
Poésie encore chez Elodie Durand avec La Parenthèse, un premier album autobiographique qui bat en brèche tous les préjugés sur le cancer. Judith a 20 ans quand elle commence à perdre la mémoire. Les mois passent et les trous noirs se multiplient avant qu'elle ne se décide à aller voir un médecin. Le diagnostic tombe : épilepsie. Mais ça ne s’arrête pas là, car l’épilepsie n’est que le symptôme de la tumeur qui grandit dans son cerveau. Judith a 20 ans et un cancer. Cette histoire c’est celle d’Elodie Durand, de son combat contre la maladie, mais aussi de sa guérison. Elodie Durand livre un témoignage pudique, en noir et blanc, émouvant sans jamais tomber dans le pathos.
Seul mâle de cette sélection : Thomas Vieille avec Les Derniers Jours d’Ellis Cutting, une histoire de méchants dans l’Amérique du XIXème. « Vous allez mourir sur cette rive » prévient un mystérieux Indien rencontré au détour d’une rivière : Ellis Cutting a du souci à se faire. Poursuivi par les tueurs à gage de l’agence Pinkerton, il doit sauver sa peau, fuir vers le Grand Ouest enneigé. Saloon, chasseurs d’or et danseuses de french cancan, Thomas Vieille invente une nouvelle forme de western, burlesque et dramatique à la fois.
Emma Aurange
















